QUINCY

Le village

Dans la Brie Champenoise, cette paroisse est à une lieue & demie S. S. O. de Meaux.

Le village de Quincy, en y comprenant l'ancienne paroisse de Ségy et les hameaux qui en dépendent, forme vers 1841 une population d'environ 2000 habitans, dont on compte près de 400 protestants.

On aperçoit, aux environs de Quincy, du bois pétrifié et des dendrites naissantes.

Toponymie

Quinciacum (nd.), alias Quincy-Ségy, alias Quincy-Voisins.

CIRCONSCRIPTION
  • Parlement : Paris.
  • Intendance : Paris.
  • Subdélégation : Meaux.
  • Coutume : Meaux.
  • Bailliage : Meaux. (La prévôté de Mareuil lès Meaux lui a été réunie.)
  • Grenier à sel : Meaux.
  • Maîtrise des eaux et forêts : Crecy.
  • Diocèse : Meaux.
  • Archidiaconé de Brie.
  • Doyenné : Crecy.
  • Conférence : Crecy.
  • Collateur : L'évêque de Meaux.
Dames, seigneurs
  • M. BOULA (XVIIIe siècle).
  •  

 

PRODUCTIONS : Grains, vins, fruits. Des carrières considérables de pierres à plâtre y sont encore en exploitation  au XIXe siècle.

DÉMOGRAPHIE
PÉRIODE FEUX HABITANTS
1709 369  
1726   1670
½ XVIIIe 369  
XIXe   2000

La cure

Mairie du chapitre à partir du XIe siècle (Les droits seigneuriaux cens, rentes, lods, ventes, quint, requint sont régis par un receveur.).

PATRON : Saint Denis.

FÊTE :

CURÉS : |

Instruction

Au XVIIIe siècle M. François BOULA, seigneur de Quincy, fait construire une nouvelle école au nom de son fils, sur une plaque commémorative à l'entrée du bâtiment se lit :
« Pueris erudiendis scholam hanc dono, dedit nob. puer Alex. Boula, ætatis suæ 2°, Christi vero 1715

Le 28 avril 1734, le cardinal de BISSY crée deux postes : un vicaire qui n'enseigne qu'aux garçons et une maîtresse d'école qui n'enseigne qu'aux filles.

Dans son testament du 2 août 1735 le cardinal de BISSY laisse 100 livres de revenu pour l'entretien d'une maîtresse d'école.

Lieux-dits de QUINCY

De nombreuses fontaines, la plus fréquentée est dans le vallon dit de Crotin, à cinq minutes de chemin de l'église ; ce lieu ainsi connu, fait que dans le pays on donne à cette eau, le nom à double sens d'eau de Crotin.
Dans le fond de cet endroit, il existe un ruisseau pour l'égoût des deux coteaux qui le bordent, et ses eaux vont se jeter dans la Marne.
Les puits très nombreux fournissent assez d'eau pour l'usage de la localité en tout temps, excepté ceux depuis l'église jusqu'aux carrières, où dans les temps de la sécheresse ils deviennent à sec. Leur profondeur n'est pas la même ; elle varie beaucoup : il y en a qui n'ont que 3 à 4 toises, et lorsque les pluies deviennent abondantes, elles emplissent les caves.

  • (Beauvoir, Le fief de Beauvoir (1565), ancien fief.)
  • Butel, Butel lez Quincy (1394), Buteil (XVIIe siècle), hameau.
  • Chantepie, ancien fief sur la commune de Quincy-Ségy.
    • Le Fief Robichon (1681).
  • Charny, Charniacum (1265), L'hôtel et fief de Charny, parroisse de Quincy (1485), Charny en Brye, parroisse de Quincy (1509), ferme aux champs qui appartient v. 1841 à M. Paris de La Brosse. Les seigneurs de Quincy, de Moulignon et de Charny n'ont aucun lien avec la paroisse de Charny en France.
  • Château de Quincy. La terre de Quincy est une ancienne seigneurie ; le château est dans une belle situation, sur la chaussée de Meaux à Crécy. M. le comte Boula de Nanteuil en est propriétaire (v. 1841), ainsi que de la ferme du même nom, et qui ne fait valoir que les alentours de son château, environ 200 arpens, compris son parc ; le reste est exploité par différens particuliers.
  • Chevalrue, Chevarue (1545), La Chevarrue (1612), Chevalru, paroisse de Quincy (XVIIe siècle), hameau.
  • (Cholot (1779), ferme détruite.)
  • Hury, Huiry, hameau.
  • Joncheroy, hameau.
  • La Bonne Rencontre, maison isolée.
  • La Croix Sainte Berthe (1379), ancien lieu-dit.
  • La Demi-Lune, hameau et auberge, située au haut de la montagne de Couilly, non habitée et appartenant à M. Domergues (v. 1841).
  • La Dimeresse, La Dixmeresse (1847), La Dixmeresse (1858), hameau.
  • La Fontaine Morin, ancien lieu-dit (1535).
  • Le Fief Perdriel, Le fief de Simon et Jacques Perdriel (1428), Le fief Perdriel à Quincy (1498), Le fief, terre et seigneurie des Perdriets (1689).
  • Le Four, Les fiefz du Four et de Quincy (1509), Le fief du Four de Quincy (1529), Le fief du Four assis au village de Quincy (1561), Le fief du Four en Brye (1644), Le fief du Four à Quincy (1777), ancien fief.
  • Le Grandfour, Le fief du Grand Four à Quincy (1572), ancien fief.
  • Le Pavé de Meaux, hameau.
  • Le Pavé des Roizes, hameau.
  • Le Ru de Crotin, ruisseau qui arrose le territoire de Quincy.
    • La Fontaine de Crottin (1824) se situe à l'Est de Butel, dans le prolongement de la sente de Crottin.
  • Le Ru du Val, ruisseau affluent du Grand Morin.
  • Les Déserts, Une maison pressouer et pourpris appellé les Désirs (1379), maison détruite.
  • Moulignon, maison détruite et ruisseau (1230 - 1275 - 1381).
    • Moulignon le Bas (XVIe siècle), Les Moulignons (1690), Bas Molignon (XVIIIe siècle), hameau. Il existe au bas du coteau une fontaine, qui donne en tout temps un pouce cube d'eau. Ce qu'il y a de singulier, c'est que cette eau est glaciale en été, et qu'il est impossible d'en boire sans avoir la colique, tandis qu'elle fume en hiver, et porte de la chaleur à proportion de la rigueur du froid.
    • Moulignon le Haut, hameau (1604).
  • Voisins, hameau.

Faits-divers de QUINCY

Il existe une charte de Saint Louis, de 1257, par laquelle il permet de cultiver certaines terres de ce village, à condition qu'on lui donnera 7 septiers d'orge à la fête de Noël et 9 deniers pour les œufs de Pâques ; après quoi il ajoute qu'il remet les redevances annuelles pour le repos de l'âme de son père et de sa mère.

12 juin 1590 - Le Chevalier de Tury accompagné du sieur de Saint Paul, gouverneur pour la ligue de la Brie & de la Champagne en l'absence du Duc de Chevreuse, & suivi de plus de deux mille hommes tant de cheval que de pied, attaqua avec deux pieces d'artillerie le village de Quincy qui tenoit pour le roi. Saint Paul étoit un soldat de fortune, qui sçut s'avancer par sa bravoure & par son attachement à la Ligue aux premiers postes militaires : le Duc de Maienne le fit Marechal de France pendant les Etats qu'il tint à Paris au commencement de l'année 1593 : il fut tué à Reims au mois d'avril 1594 par M. de Guise. Quelques jours avant le siege dont nous parlons, le Chevalier de Tury avoit fait sommer les habitans de Quincy de prendre parti pour la Ligue, & de paier la taille à Meaux ; mais ils n'avoient point voulu y entendre. On vint donc les attaquer en forme, & après s'être emparé de deux forts qu'ils avoient elevez pour leur defense, on les contraignit l'epée dans les reins de se refugier dans l'eglise. Ils monterent sur les voutes qui etoient percées en plusieurs endroits, de sorte qu'ils tiroient facilement sur tous ceux qui entroient. Ils en tuerent ainsi jusqu'à soixante, outre vingt-deux qui avoient peri dans l'attaque des forts, & en blesserent un bien plus grand nombre, dont plus de cinquante moururent peu de jours après. On se persuada que leurs balles etoient empoisonnées. Les assiegeans pour en venir plus facilement à bout mirent le feu à tous les bancs & à quelques coffres ou armoires qui se trouverent dans l'eglise. La fumée les offusqua, & en fit perir une centaine ou environ tant hommes que femmes & enfans, outre dix ou douze qui avoient été tuez entre l'eglise & les retranchemens. Alors on leur proposa de se rendre sur l'assurance qu'on leur feroit bonne guerre ; mais ils tinrent ferme jusqu'à minuit. Ils comptoient que la nuit venue les Ligueurs retourneroient à Meaux : mais voiant qu'ils l'avoient espéré en vain, ils se rendirent enfin moiennant une certaine somme d'argent qu'ils promirent. Trois des principaux habitans repondirent de cette somme, & furent emmenez en otage à Meaux. Le lendemain par Ordonnance du sieur Saint Paul, on cria à son de trompe par les rues & les carrefours de la ville, defense expresse de piller davantage dans la Brie, ni de molester aucun païsan ; & il fut ordonné en même temps de rendre tous les prisonniers sans rançon. On ne laissa pas neanmoins de continuer le pillage à Quincy, dont le village demeura enfin desert par la retraite de tous les habitans.
Sur la nouvelle de ce qui etoit arrivé à Quincy, ceux de Bellou, & de Nanteuil lez Meaux abandonnerent aussi leurs demeures, & on envoia aussi-tôt des massons & des manœuvres pour en demolir les châteaux, de peur que les habitans n'y retournassent & ne pûssent s'en emparer.